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Pesticides au robinet


Cinq fois plus de pesticides autorisés dans l’eau du robinet depuis 2011. Le saviez- vous ?

Depuis 1998, un avis du Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France (CSHPF) tenait lieu de réglementation. Dans une transposition quelque peu olé-olé de la directive européenne 98/83, le CSHPF avait en effet décidé que l’eau ne devait “pas être utilisée, ni pour la boisson, ni pour la préparation des aliments” si un pesticide s’y trouvait à une quantité supérieure à 20% d’une valeur répondant au doux nom de “valeur sanitaire maximale” (V Max,) définie par l’OMS, l’EFSA, l’AFSSA… – Une interprétation qui dépassait déjà largement les normes européennes.

En février 2011, une instruction de la Direction Générale de la Santé (DGS), passée totalement inaperçue jusque là, a tout chamboulé. Le ministère s’est jeté à l’eau et a décidé de porter les “seuils de potabilité” à 100% de la V Max, soit une multiplication par 5 des seuils en vigueur ! C’est l’association Générations Futures, ONG spécialisée dans la question des pesticides, qui a levé le lièvre , mais dans une indifférence médiatique totale.

François Veillerette, porte-parole de Générations Futures a déclaré : “Autrement dit, on va tolérer dans de très nombreuses localités des quantités de pesticides dans l’eau 5 fois plus importantes qu’avant décembre 2010 !” “Ainsi pour un pesticide comme le folpet, pourtant classé cancérigène probable aux Etats-Unis, on va maintenant tolérer jusqu’à 300μg/l pendant plus d’un mois alors qu’auparavant on ne pouvait dépasser les 60 μg/l pendant la même durée !”

Autre conséquence de cette mesure sanitaire : la baisse artificielle du nombre de personnes concernées par une présence excessive de pesticides nécessitant une restriction d’utilisation de l’eau. On est ainsi passé de 34 300 personnes touchées par ces restrictions en 2009 à une estimation de 8 939, selon les chiffres du ministère !
Ainsi, François Veillerette commente : “Cette amélioration en trompe l’œil n’est due qu’à une manipulation des valeurs de pesticides acceptées dans l’eau et pas à une véritable amélioration de la situation” qui voit là “la preuve que les autorités publiques ont renoncé à améliorer la situation qui serait de changer les pratiques agricoles en profondeur, mais préfèrent changer les graduations du thermomètre que de faire vraiment baisser la fièvre !”…

Bientôt, il suffira d’arroser son jardin pour le désherber !!!
Et l’on s’étonnera encore de l’explosion actuelle des cancers….

Source : http://www.carevox.fr/sante-maladies/article/cinq-fois-plus-de-pesticides